Collectif Citoyens de Florac et alentours

Mardi 7 Juillet 2026

(ce récit prospectif qui illustre les travaux du collectif , cf. le document « Synthèse des propositions pour les municipales de 2020 », n’est pas une fiction ; tous les éléments de ce récit correspondent à des réalisations mises en œuvre par des communes, cf. les références mentionnées dans les astérisques)

Notre petite famille est partie tôt de Montpellier ce matin pour fuir la chaleur: 37°4 à 8 heures! Direction la Lozère, notre mission: trouver un peu de fraîcheur à Florac, la toute nouvelle «Ville Verte Européenne».

Depuis 2020, la commission européenne a décidé de tout mettre en œuvre pour diminuer les émissions de CO2 (*1). Un programme de plusieurs milliards d’euros a été attribué aux villes qui faisaient le maximum pour faire diminuer la température de l’été. Florac-Trois-Rivières a été choisie grâce à son énergie et ses actions en faveur du climat depuis 2020.

Lola, notre grande fille, nous demande : ça ressemble à quoi, une ‘Ville Verte Européenne’? En guise de réponse, nous arrivons. Un grand panneau en bois nous accueille :

FLORAC TROIS RIVIERES

Ville Verte Européenne

Parking ombragé et Navettes Centre-Ville GRATUITS

Une arche végétale nous invite à entrer dans un grand parking qui ressemble à un verger : grands arbres feuillus, vigne en treilles et petits fruits nous accueillent… Lola et Manon, nos deux ados, sautent de la voiture pour cueillir des framboises. Je gare la voiture électrique sous un grand auvent de panneaux photovoltaïques : la recharge est locale ! Une navette nous attend à la sortie : c’est une grande calèche confortable tirée par un cheval et menée par un jeune volontaire (*2)! Pas d’excès de vitesse, nous sommes en zone 30 km/h.

En longeant l’avenue Jean Monestier, nous remarquons une vraie piste cyclable sécurisée (*3). Tout au long du chemin, des stations de compost nouvelle génération (et décorées par des artistes locaux, comme les espaces ‘tri’) : Les habitants mettent leurs déchets verts «broyés» sur le dessus et peuvent prendre du compost en dessous pour leur jardin (*4)

La calèche nous dépose devant le monument aux Morts et nous découvrons la grande place de l’Esplanade qui est devenue piétonne. Seuls les vélos et les petits véhicules électriques pour les personnes à mobilité réduite sont autorisés.

Plusieurs grands kiosques végétaux rafraichissent cette belle place dallée de grandes pierres du Causse Méjean. Ces 3 kiosques métal/bois et végétal sont très prisés pour les marchés, les concerts et les festivals (*5).

Une grande consultation en 2021 a permis de construire ce projet qui a dynamisé le cœur de Florac. Les terrasses ombragées et végétales des bars-restaurants nous accueillent. Quel plaisir de manger sans gaz d’échappement ! Après le repas, nous avons envie de découvrir la «Ville Verte». Nous nous retrouvons devant la pharmacie où un floracois très fier de sa ville nous raconte la métamorphose du complexe culturel : «En 2020 la ComCom, en partenariat avec la Ville, a décidé de rénover ‘intelligemment’ la Genette Verte, qui n’a jamais aussi bien porté son nom ! Un grand nombre de panneaux solaires ont été installés sur le toit et sur le côté sud. Du coup, cette énergie fait marcher une pompe à chaleur qui chauffe ou rafraichit l’édifice, mais en plus, tout la rue Jean Monestier est éclairée avec des leds grâce à la Genette ! Cela nous fait faire beaucoup d’économie. »(*6)

On nous conseille de voir la Maison du Tourisme et du Parc national des Cévennes, qui est devenue verte également. Avant de traverser le Pont en fer, dessiné par Eiffel, nous sommes attirés par une grande arche où s’entrelacent lianes et feuilles géantes : un bâtiment a été réaménagé en Tiers Lieu, résidence d’artistes, espaces partagés de co-working, un répar’café, sérigraphie (*7). Cet endroit grouille de créativité et d’innovation, et nos filles entrent dans un atelier et commencent à échanger avec une jeune ingénieure qui construit un prototype de vélo solaire ! On pourrait passer l’après-midi dans ce FAB-LAB hors du commun, mais on décide de bouger. La jeune ingénieure nous conseille de repasser sur le Pont en fer la nuit: ’les lumières sont trop cool !’

Nous arrivons enfin à l’ancienne gare, devenue depuis 2019 la très belle maison du Tourisme et du Parc national des Cévennes. Grâce à la ville, la Comcom et le Parc, ce grand bâtiment est devenu autonome en énergie et permet même de recharger voitures et vélos électriques du parking arboré (*8) ! Après une visite très intéressante, nous décidons d’aller nous baigner dans le Tarnon. La plage de Florac a été réaménagée en guinguette, avec de nombreux jeux et un espace chaises longues/lecture géré par la bibliothèque municipale ! Assis devant une glace à la châtaigne, nous engageons la conversation avec un groupe de jeunes Floracois.

Ils et elles racontent : «Pour nous, le plus important, ce n’est pas tout ce que vous voyez, mais plutôt la façon dont ça a été réalisé : L’équipe municipale, en synergie avec les conseillers communautaires, ont donné la parole aux habitants (*9)! L’éclairage public, l’aménagement de l’Esplanade, l’administration des déchets verts, l’ombrage des pistes cyclables et la pépinière communautaire pour les arbres des espaces publics sont gérés collectivement. L’embauche de 2 maraîchers communautaires (*10) qui alimentent les cantines en légumes et fruits bio a également été décidée ensemble. «On a toutes et tous donné notre avis et nos propositions !». Au début, c’était difficile : beaucoup de réunions et surtout beaucoup de Bla Bla ! Mais dès les premières réalisations, tout le monde s’est motivé .

Aujourd’hui, 25% des habitants participent aux projets, c’est énorme (*11) ! Et la commission la plus fréquentée par les élus et les habitants, c’est «comment faire plus et mieux avec moins d’argent !». Ceci a débouché sur la réalisation de la piscine communautaire à Ispagnac en couvrant la belle piscine du camping. Celle-ci fait partie principalement du camping 2 mois sur 12 et le reste du temps elle devient piscine intercommunale.

Nous quittons nos nouveaux amis en suivant le chemin de l’Oultre. C’est la tombée de la nuit. Nous arrivons au Pont en Fer, et là, surprise : Des anneaux de lumières colorées s’allument à chaque passage, sur chacune des 9 arches du Pont, c’est juste magique ! Nos filles font des allers-retours sur le pont en riant … Après un retour en calèche, quand nous remontons dans notre voiture après avoir grappillé encore quelques framboises, nos filles nous demandent en chœur : ‘ Pourquoi on viendrait pas habiter à Florac ?’ Pourquoi pas !

ANNEXES : Références du récit :

*1 : la nouvelle Commission européenne Von der Leyen (2019-2024) met la priorité sur un « pacte vert » (green deal) afin d’atteindre l’objectif de long terme de la neutralité carbone en 2050.

Le programme environnemental de la nouvelle Commission devrait prévoir un accompagnement budgétaire sous la forme d’un Fonds pour la transition juste. Il devrait également proposer un « plan d’investissement pour une Europe durable » de mille milliards d’euros sur dix ans.

Par ailleurs, afin de remplir ses obligations dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, l’Union européenne s’est dotée d’un plan d’actions appelé « paquet énergie-climat » (adopté en 2008 et mis à jour en 2014) qui prévoit la réalisation des objectifs suivants à l’horizon 2030 :

  • Au moins 40% de réduction des émissions de GES par rapport à 1990 (objectif contraignant).
  • Porter à 32% la part des énergies renouvelables dans la production d’énergie (objectif contraignant adopté en 2018).
  • Améliorer d’au moins 32,5% l’efficacité énergétique par rapport aux projections faites en 2007 (objectif indicatif adopté en 2018).

https://www.touteleurope.eu/actualite/emissions-de-co2-marche-carbone-comment-l-union-europeenne-tente-de-lutter-contre-le-changement-cl.html

*2 : L’utilisation de véhicules hippomobiles pour assurer des services publics se développe. C’est le cas par exemple àUngersheim (2300 habitants), village alsacien qui s’est inscrit dans la démarche des « villes et villages en transition ». Un cheval cantonnier représente un sérieux vecteur de sensibilisation vers des déplacements doux non polluants. Il transporte les enfants à l’école et intervient pour les espaces verts. (cf. https://www.mairie-ungersheim.fr/village-en-transition/voir le et le film «Qu’est ce qu’on attend» de Marie Dominique Robin).

*3 : Selon la loi mobilité de novembre 2018, le vélo devient un moyen de transport à part entière. Dans ce contexte, de nombreuses communes ont élaboré un plan vélo local avec
aménagement de bandes cyclables, de double sens cyclable par la mise en 
sens unique de certaines rues, d’écluse pour ralentir les voitures, zone 
30km/h. (cf. site de la fédération des usagers de la bicyclette, www.fub.fr). Des aides financières sont pars ailleurs disponibles : cf. 2ème appel à projets national « continuité cyclable » (avant mai 2020), aides pour la création de parkings sécurisés, mesures fiscales pour les particuliers et entreprises sur les trajets domicile-travail.

*4 : la loi de Transition énergétique de 2015 impose d’ici 2023 la mise en place dans toutes les communes d’un tri à la source des bio-déchets. Cette obligation est intégrée dans le programme du SICTOM des Bassins du Haut Tarn et dans les prescriptions de l’ADEM (cf. document intitulé « Conseil pour la mise en place d’un broyage mutualisé des déchets verts »).

*5 : De nombreuses communes implantent des œuvres artistiques dans l’espace public pour dynamiser leur territoire. Les arbres du récit sont librement inspirés de projets comme celui de l’arbre aux hérons des Machines de l’ïle de Nantes. Cet Arbre sera un gardien de la biodiversité dans la ville. Il doit surplomber un espace de convivialité et être un symbole à la fois d’enracinement et d’élévation.

*6 : L’article 8-II de la loi relative à la transition énergétique et à la croissance verte stipule que « toutes les nouvelles constructions sous maîtrise d’ouvrage de l’État, de ses établissements publics ou des collectivités territoriales font preuve d’exemplarité énergétique et environnementale et sont, chaque fois que possible, à énergie positive et à haute performance environnementale. »

Par cette disposition, l’État introduit une exigence d’exemplarité de la maîtrise d’ouvrage publique, celle-ci devant s’engager dans la réalisation de bâtiments plus performants d’un point de vue énergétique et environnemental que le standard réglementaire (RT 2012). Ainsi, le maître d’ouvrage doit s’inscrire dans une démarche visant à atteindre le bâtiment à énergie positive et haute performance environnementale.

*7 : le projet de tiers lieu de la pompe (www.atelier-lapompe.com) à commencé début 2019. Il vise à créer un tiers lieu sur Florac. Ce lieu serait composer d’un atelier partagé ( bois, métal, sérigraphie et prototypage ) et d’un espace de café « coworking ». Pour le moment seul le café « coworking » est mit en place. Il se situe au 11Rue Théophile Roussel au dessus de la jardinerie.

Des projets comparables ont vu le jour dans des zones rurales :

www.atout-bois-en-limousin.fr : Atelier partagé à Gentioux Pigerolles ( 400 habitants )

www.coworking-container.com: Tiers lieu à Angresse ( 2000 habitants)

www.8fablab.fr: Tiers lieu très dynamique à Crest (8000 habitants )

*8 : dans le cadre de son ambition de devenir la première région à énergie positive d’Europe d’ici 2050, la région Occitanie stimule la rénovation énergétique des bâtiments publics via l’AREC (Agence Régionale Energie Climat). Elle soutient la rénovation des logements résidentiels ou d’activité par des appels à projets « Bâtiments NoWatt » concernant des projets exemplaires de bâtiments.

De nombreuses communes rurales se sont déjà engagées dans la transition énergétiques en rénovant leurs bâtiments publics (mairie, écoles). C’est le cas par exemple de la ville alsacienne de Muttersholtz (2013 habitants) qui se veut un laboratoire de la transition écologique :

https://www.muttersholtz.fr/projets/

*9 : la démocratie participative s’exerce à l’échelon communal notamment via des commissions extra-municipales prévues par l’article 2143-2 du Code général des collectivités territoriales. Cet article permet d’associer la population intéressée par un problème d’intérêt communal à la décision du conseil municipal.

*10 : à Mouans-Sartoux, commune de 10500 habitants dans les Alpes Maritimes, les cantines scolaires sont 100% bio. 85% des légumes qui y sont servis proviennent de la régie agricole de la commune. Un terrain de 6 hectares a été acquis, un agriculteur recruté par la commune y conduit les cultures (http://mead-mouans-sartoux.fr/pour-un-projet-alimentaire-de-territoire-a-mouans-sartoux/).

*11 : c’est le cas dans des communes comme Saillans (1278 habitants) dans la Drôme ou Soudorgues (275 habitants) dans le Gard qui ont mis en place une démocratie municipale participative.

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